Pourquoi raisonner en jours facturés, pas en jours travaillés
Un indépendant en portage ne vend pas du temps : il vend des jours facturables. Et un jour facturable n’est pas un jour de présence. Vous pouvez travailler 220 jours par an sans en facturer 220 : il y a la prospection, les rendez-vous commerciaux non rémunérés, la gestion administrative, la formation, et surtout les périodes sans mission. Ce simulateur vous oblige à regarder cette réalité en face : pour viser un revenu, il faut un certain nombre de jours réellement vendus, et il faut vérifier qu’ils tiennent dans votre calendrier.
Comment l’outil calcule votre plan d’année
Étape 1 — Le chiffre d’affaires nécessaire
On part de votre net annuel souhaité. À partir de là, on remonte au chiffre d’affaires en réintégrant les cotisations sociales (patronales + salariales) et les frais de gestion de la société de portage. C’est le même raisonnement « à l’envers » que pour le calcul du TJM, mais appliqué à l’année entière.
Étape 2 — Le nombre de jours à facturer
On divise ensuite ce CA annuel par votre TJM. Le résultat est le nombre de jours que vous devez facturer sur l’année pour atteindre votre objectif. Plus votre TJM est élevé, moins vous avez besoin de jours — c’est toute la puissance d’un bon positionnement tarifaire.
Étape 3 — Les jours réellement disponibles
Une année compte environ 252 jours ouvrés (hors week-ends), dont on retire 11 jours fériés en moyenne. On enlève ensuite vos semaines de congés et vos jours d’administration et de prospection. Ce qui reste, ce sont vos jours réellement disponibles pour des missions facturées. Si le nombre de jours à facturer dépasse ce total, votre objectif est infaisable en l’état : il faut augmenter le TJM ou revoir l’objectif.
Étape 4 — Le taux d’occupation requis
Le taux d’occupation est le rapport entre les jours à facturer et les jours disponibles. C’est l’indicateur clé :
- Moins de 70 % : objectif confortable, vous avez de la marge pour les imprévus et les intercontrats.
- 70 à 90 % : objectif réaliste mais exigeant, il faut un bon pipeline commercial.
- Plus de 90 % : objectif tendu, le moindre intercontrat le fait dérailler. Mieux vaut augmenter le TJM.
- Plus de 100 % : impossible — l’année ne contient pas assez de jours.
Le piège de l’intercontrat
L’intercontrat, c’est la période entre la fin d’une mission et le début de la suivante. C’est le risque numéro un de l’indépendant. En portage, vous n’êtes pas payé pendant ces périodes (sauf provision constituée volontairement), mais vous gardez votre statut de salarié. Un consultant expérimenté vise rarement plus de 200 jours facturés par an justement pour absorber ces creux. Si votre simulation exige 210 jours sur 215 disponibles, vous n’avez aucune marge : la première mission qui se termine sans relais immédiate met votre objectif en péril.
Comment réduire le nombre de jours nécessaires
Si le simulateur vous renvoie un taux d’occupation trop élevé, vous avez trois leviers :
- Augmenter votre TJM : c’est le levier le plus puissant. Passer de 400 à 500 € de TJM réduit d’environ 20 % le nombre de jours à facturer pour le même revenu.
- Optimiser votre net : frais professionnels, épargne salariale et prime de partage améliorent votre restitution sans facturer un jour de plus (voir le simulateur de salaire).
- Réviser l’objectif : parfois, viser 40 000 € net plutôt que 50 000 € la première année est plus sain — vous montez en puissance ensuite.
Construire une année réaliste
L’erreur classique du débutant est de penser qu’il facturera 20 jours par mois, 12 mois sur 12. La réalité d’une bonne année en portage ressemble plutôt à : 10 à 11 mois actifs, 16 à 18 jours facturés en moyenne, soit 170 à 200 jours sur l’année. C’est ce rythme qui permet de tenir dans la durée sans s’épuiser. Utilisez ce simulateur pour fixer un objectif tenable, puis appuyez-vous sur le simulateur de TJM pour vérifier que votre prix est cohérent avec votre marché.
Et si la conclusion est que votre métier actuel ne permet pas d’atteindre votre objectif sans surchauffe, c’est peut-être le moment de regarder le simulateur d’évolution professionnelle : changer de positionnement ou monter en expertise peut faire grimper votre TJM et alléger votre charge de travail.