Comment fonctionne le calcul du salaire en portage salarial
Le portage salarial repose sur une idée simple : vous trouvez vos missions et fixez votre prix, la société de portage transforme vos factures en salaire. Mais entre le montant que paie votre client et le net qui arrive sur votre compte, il y a plusieurs étapes. Comprendre chacune d’elles, c’est savoir exactement ce que « vaut » une mission — et c’est tout l’intérêt de ce simulateur.
Étape 1 — Le chiffre d’affaires hors taxes
Tout part de votre facturation. Elle se calcule presque toujours en taux journalier moyen (TJM) multiplié par le nombre de jours travaillés. Un TJM de 500 € sur 18 jours donne 9 000 € HT de chiffre d’affaires sur le mois. La TVA, elle, transite par la société de portage et ne fait pas partie de votre rémunération : on raisonne toujours hors taxes.
Étape 2 — Les frais de gestion
La société de portage se rémunère par une commission prélevée sur votre chiffre d’affaires. Le marché va de 3 % à 12 %, mais une société labellisée « Zéro frais caché » s’en tient à 5 %, plafonnés à 650 € par mois (plus environ 1 % de taxes et assurances, connu d’avance) — et s’interdit toute charge ou provision supplémentaire (refus de l’avenant n° 13). Cette commission couvre l’établissement de vos contrats, la facturation client, le recouvrement, l’édition des bulletins de paie, l’assurance responsabilité civile professionnelle et votre accompagnement. Le plafond profite surtout aux gros chiffres d’affaires : au-delà de 13 000 € facturés dans le mois, les frais n’augmentent plus.
Étape 3 — Les frais professionnels
C’est le premier levier d’optimisation, et il est trop souvent négligé. Les frais professionnels (déplacements, repas en mission, matériel informatique, logiciels, formation, frais de coworking…) vous sont remboursés sans être soumis à cotisations sociales. Concrètement, 500 € de frais pro justifiés vous reviennent intégralement, alors qu’un même montant passé en salaire serait amputé d’environ 45 % par les charges. Conservez toutes vos factures : c’est de l’argent net.
Étape 4 — Les cotisations sociales
Une fois la gestion et les frais déduits, le reste constitue votre rémunération brute, sur laquelle s’appliquent les cotisations. On distingue les cotisations patronales (environ 43 % du brut) et les cotisations salariales (environ 22 %). Elles ne sont pas perdues : elles financent votre assurance chômage, votre retraite, votre couverture santé, la prévoyance et les accidents du travail. C’est précisément ce qui distingue le portage du statut d’auto-entrepreneur : vous cotisez comme un vrai salarié, donc vous êtes protégé comme un salarié.
Les leviers d’optimisation qui font la différence
Au-delà du calcul de base, plusieurs dispositifs légaux permettent d’augmenter ce que vous gardez réellement. Bien utilisés, ils peuvent vous faire gagner plusieurs points de net. Le simulateur les intègre pour que vous voyiez immédiatement leur effet.
L’épargne salariale : PEE et PERCO / PER d’entreprise
De nombreuses sociétés de portage proposent un Plan d’Épargne Entreprise (PEE) et un plan d’épargne retraite collectif (PERCO / PER-COL). Vous pouvez y verser une partie de votre rémunération : ces sommes sont alors exonérées d’impôt sur le revenu (dans la limite des plafonds) et bénéficient d’une fiscalité allégée à la sortie. Le PEE se débloque sous 5 ans (ou avant pour certains événements de vie), le PERCO à la retraite. C’est un moyen puissant de se constituer un capital tout en réduisant la pression fiscale sur votre revenu courant.
La prime de partage de la valeur (ex-prime Macron)
La prime de partage de la valeur (PPV), qui a remplacé la « prime Macron », peut être versée jusqu’à 3 000 € par an (6 000 € dans certains cas) en étant exonérée de cotisations sociales, et sous conditions d’impôt sur le revenu. En portage, certaines sociétés l’intègrent dans l’optimisation de votre rémunération annuelle. C’est une enveloppe nette particulièrement intéressante quand votre activité génère un excédent.
Les tickets restaurant
La part employeur des titres-restaurant (jusqu’à environ 110 € par mois) est exonérée de charges et d’impôt. Sur une année, cela représente plusieurs centaines d’euros de pouvoir d’achat supplémentaire — un avantage que beaucoup de consultants en portage oublient d’activer.
Combien faut-il facturer pour bien vivre ?
C’est la question qui revient le plus souvent. Avec un TJM de 500 € sur 18 jours, vous générez 9 000 € de CA et touchez environ 4 700 à 4 900 € net avant impôt, hors optimisation. Pour viser 3 000 € net par mois, un TJM de 350 € sur 16 jours suffit généralement. Et si vous activez frais pro, épargne salariale et prime de partage, le taux de restitution grimpe sensiblement. Jouez avec les curseurs ci-dessus : c’est le meilleur moyen de fixer un objectif réaliste avant de prospecter.
Et l’impôt sur le revenu ?
Le net affiché par le simulateur est un net avant impôt. Comme tout salarié, vous êtes soumis au prélèvement à la source : votre taux dépend de l’ensemble de votre foyer fiscal (parts, autres revenus, situation familiale). C’est pour cette raison que nous ne l’intégrons pas dans l’estimation : il varie trop d’une personne à l’autre. En revanche, l’épargne salariale et la PPV agissent justement sur cette assiette imposable — d’où leur intérêt.
Pour aller plus loin, calez d’abord votre prix avec le simulateur de TJM, puis planifiez votre année avec le simulateur de temps de travail. Vous découvrirez aussi les métiers éligibles au portage et leurs fourchettes de TJM.