Formalités légales · Légal & Administratif

Notaire

Actes authentiques, cession de fonds de commerce, constitution de SCI

Notaire et création d'entreprise : quand est-il indispensable et combien ça coûte ?

Le notaire n'intervient pas dans la création de toutes les entreprises, loin de là. Mais dès qu'un projet touche à l'immobilier, à une société civile immobilière (SCI) ou à la reprise d'un fonds de commerce, son intervention devient incontournable — et engage des frais qu'il faut anticiper. Officier public, le notaire confère à certains actes une force juridique qu'aucun autre professionnel ne peut apporter. Ce guide précise son rôle, détaille ses tarifs en 2026 (émoluments réglementés et honoraires libres), et clarifie les situations où vous pouvez parfaitement vous en passer.

Le rôle du notaire dans la vie d'une entreprise

Le notaire est un officier public ministériel : il authentifie les actes, leur donnant date certaine et force exécutoire. Dans un contexte entrepreneurial, son intervention se concentre sur quelques opérations précises, mais à fort enjeu.

La constitution d'une SCI

La société civile immobilière sert à détenir et gérer un bien immobilier à plusieurs. Si l'acte de constitution comporte un apport de bien immobilier, le passage devant notaire est obligatoire pour la rédaction et la publication de l'acte. Même hors apport immobilier, beaucoup de créateurs confient les statuts de leur SCI à un notaire pour sécuriser le montage patrimonial et fiscal.

L'achat ou l'apport d'un bien immobilier

Tout transfert de propriété immobilière passe obligatoirement par un notaire, qu'il s'agisse des locaux de l'entreprise, d'un apport au capital ou d'un investissement via une SCI. Le notaire rédige l'acte authentique, vérifie la propriété et procède aux formalités de publicité foncière.

La cession de fonds de commerce

Racheter ou vendre un fonds de commerce est une opération sensible (clientèle, bail, matériel, droit au bail) que le notaire — ou un avocat — sécurise par un acte en bonne et due forme, avec séquestre du prix et formalités de publicité protégeant les créanciers.

Les actes liés au dirigeant

Régime matrimonial, donation, transmission, protection du conjoint ou du patrimoine personnel : le notaire conseille le dirigeant sur l'articulation entre son entreprise et sa situation familiale et patrimoniale.

Combien coûte un notaire en 2026 ?

La rémunération du notaire se compose de deux parties qu'il faut distinguer.

Les émoluments réglementés

Pour de nombreux actes, les tarifs sont fixés par l'État selon un barème national : le notaire ne peut ni les augmenter ni les baisser librement. C'est le cas, par exemple, de l'apport d'un fonds de commerce à une société, qui suit un barème dégressif : 0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % entre 23 000 et 200 000 €, puis 5 % au-delà de 200 000 €. Pour les transactions immobilières, les fameux « frais de notaire » (en réalité majoritairement des taxes reversées à l'État) représentent autour de 7 à 8 % du prix dans l'ancien.

Les honoraires libres

Pour les prestations de conseil ou la rédaction de statuts non tarifés, le notaire fixe librement ses honoraires. La rédaction des statuts d'une SCI se situe ainsi généralement entre 1 000 et 3 000 € HT, le plus souvent entre 1 500 et 2 500 € selon la complexité du dossier et la zone géographique.

Les frais administratifs incompressibles

À ces honoraires s'ajoutent les frais de formalités obligatoires. Pour la création d'une SCI, ils s'élèvent à 308,91 € TTC en 2026 (347,31 € à La Réunion et à Mayotte), couvrant l'annonce légale, l'immatriculation et la déclaration des bénéficiaires effectifs. Au global, déléguer la création d'une SCI à un professionnel revient le plus souvent à 1 400 à 2 600 €.

Notaire ou avocat : qui choisir ?

Les deux professionnels se recoupent sur certains terrains (rédaction de statuts, conseil), mais leurs monopoles diffèrent. Le notaire est incontournable pour tout ce qui touche à l'immobilier et aux actes authentiques (apport immobilier, vente, SCI avec bien). L'avocat d'affaires est plus indiqué pour les montages de sociétés commerciales, les pactes d'associés et le contentieux. Pour une cession de fonds de commerce, les deux peuvent intervenir. En cas de doute, le critère décisif est simple : dès qu'un bien immobilier est en jeu, c'est le notaire.

Quand le notaire n'est PAS nécessaire

C'est le point que beaucoup d'entrepreneurs ignorent : la grande majorité des créations d'entreprise ne nécessitent aucun notaire. Créer une SAS, une SARL, une EURL, une SASU ou une micro-entreprise « classique », sans apport immobilier, se fait sans acte authentique. Les statuts peuvent être rédigés par le fondateur, un expert-comptable, un avocat ou une plateforme en ligne, et l'immatriculation se fait via le guichet unique. Le notaire ne devient indispensable que dans les cas spécifiques évoqués plus haut.

Comment se déroule l'intervention d'un notaire

Faire appel à un notaire suit un parcours balisé. Vous prenez d'abord rendez-vous pour exposer votre projet (création de SCI, achat de locaux, cession de fonds). Le notaire vérifie les pièces, conseille sur le montage le plus adapté et établit un devis distinguant les émoluments réglementés, les honoraires libres et les débours (taxes, frais de publicité). Il rédige ensuite l'acte, le fait signer — de plus en plus souvent par signature électronique à distance — puis procède aux formalités : enregistrement, publicité foncière pour l'immobilier, déclaration des bénéficiaires effectifs pour une société. Comptez généralement de quelques jours à quelques semaines selon la complexité. Le notaire conserve l'acte original (la « minute ») et peut en délivrer des copies authentiques, ce qui sécurise durablement l'opération.

Notaire et transmission d'entreprise

Au-delà de la création, le notaire joue un rôle clé dans la transmission. Lors d'une donation d'entreprise, d'une transmission familiale ou de la mise en place d'un pacte Dutreil (qui permet, sous conditions, un abattement fiscal important sur la transmission de titres), son expertise patrimoniale et fiscale est précieuse. Il intervient aussi pour articuler le sort de l'entreprise avec le régime matrimonial du dirigeant : le choix entre séparation de biens et communauté a des conséquences directes sur le patrimoine professionnel. Anticiper ces questions avec un notaire évite des difficultés majeures en cas de divorce, de décès ou de cession. Pour un entrepreneur qui détient des biens ou prépare une succession, c'est un interlocuteur aussi important que l'expert-comptable ou l'avocat.

Les frais de notaire dans l'immobilier d'entreprise

Si votre projet inclut l'achat de locaux professionnels, les « frais de notaire » méritent une attention particulière. Dans l'immobilier ancien, ils représentent environ 7 à 8 % du prix d'acquisition, mais l'essentiel (autour de 80 %) correspond à des droits de mutation reversés à l'État et aux collectivités, et non à la rémunération du notaire. Dans le neuf, ces frais tombent à 2-3 %. Acheter via une SCI ou en direct, financer par emprunt ou par apport, choisir le neuf ou l'ancien : chaque option a des conséquences fiscales que le notaire chiffre précisément. D'où l'importance de le consulter avant de signer un compromis, et non après.

Et en portage salarial ? Aucun acte notarié

En portage salarial, vous ne créez aucune société et vous n'achetez aucun local au nom d'une entreprise : il n'y a donc strictement aucun acte notarié à prévoir, ni statuts, ni apport, ni cession. Votre cadre juridique repose sur un simple contrat de travail (CDD ou CDI) signé avec la société de portage, qui facture vos clients avec son propre SIRET. Vous échappez ainsi aux frais de notaire (souvent 1 500 à 2 500 € pour une SCI ou un montage), aux délais et à la complexité des actes authentiques.

Le notaire ne redeviendra pertinent que si, en parallèle de votre activité, vous menez un projet patrimonial personnel — par exemple acheter votre logement ou investir dans l'immobilier via une SCI. Mais cela relève alors de votre patrimoine privé, pas de votre activité professionnelle, que le portage continue de gérer sans aucune formalité notariée. C'est tout l'intérêt du modèle : démarrer et facturer immédiatement, sans la lourdeur administrative et juridique d'une structure.

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Questions fréquentes

Faut-il un notaire pour créer une SARL ou une SAS ?

Non, sauf si vous apportez un bien immobilier au capital. Sans apport immobilier, les statuts se rédigent et se déposent sans acte notarié.

Pourquoi un notaire pour une SCI ?

Dès qu'un bien immobilier est apporté à la SCI, l'acte doit être authentique, donc notarié et publié au service de la publicité foncière. Beaucoup recourent aussi au notaire pour sécuriser le montage, même sans apport immobilier.

Les frais de notaire sont-ils négociables ?

Les émoluments réglementés ne le sont pas (barème national), avec une légère remise possible au-delà de certains montants. En revanche, les honoraires libres (conseil, statuts non tarifés) peuvent faire l'objet d'un devis et d'une comparaison.

Quelle différence entre frais de notaire et honoraires ?

Les « frais de notaire » englobent surtout des taxes reversées à l'État et des débours ; la rémunération réelle du notaire (émoluments + honoraires) n'en représente qu'une fraction.

Est-ce inclus en portage salarial ?

Non, ce poste reste à votre charge.

Uniquement pour cas spécifiques (immobilier, cession de fonds...)

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